enquête sur le partage de la musique dans les montagnes de Turquie
Les montagnes pontiques : des montagnes escarpées et pluvieuses au pied du Caucase, dont les habitants sont réputés dans tout le pays pour leur supposée niaiserie et leur passion des armes à feux. On est là dans un monde rural, à l'économie encore partiellement pastorale. Un monde d'hommes surtout, où les femmes sont dites « données » et « prises ». On y danse et on y chante principalement au son nasillard du kemençe, une petite vièle en bois à trois cordes, lors d'événements collectifs qui mobilisent à l'occasion plusieurs centaines de personnes. Domination des hommes qui dansent « dressés » sur les femmes qui dansent « lisses », rivalité entre les localités les plus pauvres, tensions entre les hommes pour le pouvoir de mener les autres, violences et vexations infligées à celui qui se pique de « faire l'artiste », l'enquête présentée ici vise à saisir la production musicale dans ses ressorts les plus politiques. Et d'abord : comment une société se structure dans un certain partage de la musique ? Anthropologue, Nicolas Elias est docteur de l'Université Paris Nanterre et membre de l'École Française d'Athènes. Il est l'auteur de Lavta, étude pour un luth d'Istanbul (Istanbul, Éditions Isis, 2012).
Genre :Musique traditionnelle
Sujets :Ethnomusicologie · Pont · Société · Turquie
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