Que faire lorsque vos vacances au Portugal se passent mal, que votre épouse est malade et que votre roman en cours n'avance pas ? Cela a été mon cas. Il y a différentes solutions, de la dépression au suicide en passant par l'ivresse, mais l'une d'entre elles, à la réflexion, m'a paru un peu trop définitive. Alors quoi ? Puisque la plupart des personnes qui scribouillent le font comme dérivatif à leur hypocondrie, pourquoi ne pas faire comme elles, surtout lorsque l'on est un noircisseur de papier confirmé ? Comme je me trouvais dans une situation que je qualifiais d'absurde, pourquoi ne pas soigner le mal par le mal ? L'absurdité par l'absurdité ? Le pathos par le théâtre ? C'est ainsi que se généra ce drame où l'auteur d'une pièce la joue alors qu'elle n'est pas encore écrite. Il a suffi de lui adjoindre un acteur, puis d'autres, pour qu'ils échangent des propos naturellement absurdes. Alors, faut-il mettre en perspective cette œuvre dramatique (mais pas trop !) et se demander si en réalité il ne se passe rien sur scène, mais que tout se déroule dans le cerveau de l'auteur ? « Vachement intello ! » dirait une de mes cousines qui ne lit que « Les Pieds Nickelés » et les « Prolégomènes à toute métaphysique future ». Que voulez-vous, il faut vivre dangereusement. David Max Benoliel s'échappe de ses univers littéraires habituels et vous propose ici « La Pièce », dix-septième ouvrage de l'auteur paru aux éditions Ex Aequo.
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