En septembre 1731, dans le village de Songy, en Champagne, les habitants capturent une « fille sauvage » – grimpant aux arbres, chassant, mangeant de la viande crue et suçant le sang des bêtes. Bientôt baptisée sous le nom de Marie-Angélique Le Blanc, elle apprend à vivre « normalement », et même à parler.Son cas passionne et la jeune fille, dont l'ensauvagement laisse place à une éducation élaborée, devient un véritable « personnage » révélateur de l'époque. Tour à tour, Marie-Angélique se fait mémorialiste, conférencière ou salonnière. Traversant le siècle en sauvageonne "éclairée" jusqu'à sa mort en 1775, elle participe pleinement du spectacle de la science et de l'élaboration des idées philosophiques et anthropologiques au siècle des Lumières.Croisant le récit de l'existence de cette enfant sauvage avec celui d'un autre personnage, fictif, une chercheuse d'aujourd'hui écrivant une thèse sur Marie-Angélique Le Blanc, Antoine de Baecque interroge, dans le passé et le présent, la manière dont se met en place le discours sur l'histoire et la fabrique de la science.Antoine de Baecque est historien, professeur d'histoire du cinéma à l'École normale supérieure. Auteur de nombre d'ouvrages sur le cinéma, en particulier sur Truffaut et Godard, il recherche les sujets originaux pour pratiquer une histoire expérimentale, comme la marche, la cuisine, les sports, l'anormalité ou la sauvagerie.
Sujet :Enfants sauvages
Lieu :France
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