La certitude de la mort permet une plénitude et une absence d'attente d'autre chose parce qu'elle donne l'expérience de l'intensité suffisante de la vie possible, l'intensité non pas d'avoir été mais d'avoir pu être. Notre vie n'est pas ce que nous avons déposé et que l'abîme engloutit, mais toutes ses possibilités d'être en tant que telles que nous aurons accompagnées plus que produites. La conscience de la mort est moins celle, triste, de la fin des choses que celle, joyeuse, de la possibilité d'autre chose, non pas après ce monde mais comme mode d'être de ce monde même. Alors, le tragique s'accomplit dans une perspicace et vivifiante légèreté, « sans rien qui pèse ou qui pose » face à la supposée gravité des choses, tout en maintenant paradoxalement un effort pour être un peu vigilant envers soi-même. Ce livre propose un petit parcours des réflexions sur la peur de la mort chez Montaigne et sur l'angoisse de la mort selon Heidegger, pour aboutir à une forme d'insouciance tragique proprement nietzschéenne.
Sujet :Mort
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