Le concept d'anomie, nous croyons le devoir à Durkheim. En réalité, celui-ci le découvre chez Jean-Marie Guyau, ce en 1887 dans son livre : L'irréligion de l'avenir. On ne comprendrait pas le sens qui est le sien si nous omettions la réaction toute négative de l'auteur du Suicide vis-à-vis de la signification que Guyau en donne. Chez ce philosophe, ce concept désigne le fait que la vie donne naissance, par la fécondité qui lui est propre, à une morale qui n'est pas issue du travail que la société exerce sur l'individu, soit la façon dont Durkheim la conçoit, mais qui découle d'une nature où la vie se fait conscience de l'idée du bien. La sociologie durkheimienne ne pouvait admettre pareille définition de la morale. Pour Durkheim, « l'anomie, c'est le "mal de l'infini". » Que veut-il dire par là ? L'homme qui est tourmenté par des désirs qu'il ne peut satisfaire s'expose au suicide. Or quoi de plus immoral que cet acte chez Durkheim ? C'est donc pourquoi il est fondé de parler d'une double identité du concept d'anomie, car la position de ces deux auteurs diffère quant à la détermination du fondement du fait moral.
Sujets :Anomie · Critique et interprétation
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2022 | Éd. l'Harmattan | 978-2-14-026586-0 | 281 | Paris | AbeBooks · Momox |
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