D'où la démocratie tire-t-elle sa valeur ? De ce que le plus grand nombre y exerce le pouvoir politique ? Ou bien de la protection des droits et des libertés que ses institutions législatives, exécutives et judiciaires garantissent à chaque personne ? Connu en France en tant que philosophe du droit, penseur du libéralisme et des fondements de la justice sociale, Ronald Dworkin a aussi développé une conception originale de la démocratie. Pour lui, la démocratie n'est pas une procédure, mais une communauté, organisée autour des principes de participation, de réciprocité et d'indépendance éthique. Ces principes politiques et moraux sous-tendent la constitution et informent les relations entre ses citoyens. C'est pourquoi l'opposition entre autogouvernement et protection des libertés relève d'une fausse alternative : les juges constitutionnels, en particulier, qui ont la charge d'interpréter le sens et l'étendue des droits, ne s'opposent pas à la réalisation de l'idéal démocratique. Au contraire : pour Dworkin, leur rôle est d'assurer que la communauté se gouverne conformément à ses principes et demeure, ainsi, une démocratie authentique.
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