Nous habitons la civilisation des prénoms. Dans des types de plus en plus nombreux de rapports sociaux, pas seulement d ordre privé, le nom, qu on appelait naguère de famille, s efface au profit du seul prénom. À en croire Renaud Camus il s agirait d une mutation anthropologique essentielle, et d une double régression : vers l enfance des individus, pendant des siècles domaine réservé du prénom ; mais aussi vers l enfance et même la pré-enfance des sociétés, en deçà des formes diverses de contrat social. Sans nom, pas de contrat possible, en effet : pas de responsabilité, car il est seul à même d engager le sujet et de signer. À la verticalité des lignées, dont le nom est garant, se substitue l horizontalité d un da capo perpétuel, le prénom ne commençant jamais qu avec celui qui le porte manifestation d un fantasme d auto-engendrement continu, où l on voit s abîmer, au profit d un présent absolutiste et sans horizon, le passé, l histoire et le sentiment même du temps, la culture, les nations et les identités.
Sujets :Prénoms · Sociologie
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2014 | Renaud Camus | 979-10-91681-14-8 | 135 | Plieux | AbeBooks · Momox |
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