Voilà comment Arthur Dreyfus présente son livre : « Un jour, il m'est apparu impossible d'avoir ce qu'on appelle un rapport sexuel sans en faire mention dans un document informatique. Il fallait raconter. À l'intention de ce journal j'ai multiplié les expériences, diversifié mes pratiques, renoncé à certaines rencontres, quand je m'en suis imposé d'autres. Plusieurs fois, j'ai interrompu l'acte pour prendre des notes. Les déceptions ont fini par devenir plus attrayantes que l'extase : elles renfermaient une dramaturgie. Le dernier chapitre de cette aventure voisinerait avec l'obscurité, avec la mort (je ne le savais pas encore). » C'est le journal minutieux d'une addiction folle, rythmée par l'usage de Grindr. On y trouve des recensions répétées de l'acte sexuel, des poèmes, des aphorismes, mais aussi des aveux, des récits compulsifs de rencontres, des portraits de personnes connues ou inconnues, l'évocation des rapports familiaux, le souvenir d'une extraordinaire grand-mère. C'est surtout l'histoire d'une odyssée contemporaine, et d'une rédemption. « Ce livre, je le vois comme un labyrinthe dont je suis sorti, mais dans lequel je pourrais me re-perdre, écrit aussi l'auteur. Je le vois comme un piège, mais aussi comme un bouclier. Comme le récit d'une époque, et le reflet d'une autre vie. Je me suis demandé si dans ma fascination pour le sexe, il n'y avait pas d'abord de l'effroi. Et si les autres savaient jouir sans se perdre. Et si se perdre n'était pas notre seule liberté. »
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