J'aime la conscience avec laquelle Suzanne Scanlon aborde l'intimité des personnages qui m'enchaine au texte et au fond, dans ce livre il y a tant de nous, de nos vies en tant que femmes et en tant que femmes écrivaines. Eileen Myles Lizzie a perdu la sensation d'être elle-même. Elle vient de faire une tentative de suicide et est internée dans un hôpital psychiatrique de New York. Les docteurs défilent et elle n'éprouve que peu d'identification à leurs évaluations médicales. Mais elle voit leur pensée patriarcale, le décalage entre elle, eux et les règles de la société. Lizzie tisse des liens avec les autres patientes, Les, Heather, Félicité. Emergent alors les souvenirs de son enfance, la mort prématurée de sa mère, une éducation catholique rigide et le portrait d'une femme pleine de vitalité qui finit par se frayer un chemin et se reconnecter à elle-même et au monde. On rencontre Sylvia Plath, Virginia Woolf, Tolstoi, Tennesse Williams mais aussi la culture pop Anne Sexton, Mary J Blige, Sam Shepard et Friends qui sont comme autant de miroirs qui permettent à Lizzie de se reconnaître. Ce roman écrit presque sous forme d'un monologue intérieur pose aussi la question de savoir qui est atteint de folie. N'est-ce pas le patriarcat ?
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2024 | les Éditions du Portrait | 978-2-37120-059-3 | 147 | [Paris] | AbeBooks · Momox |
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