Ce court roman jette à la face du lecteur le soliloque douloureux d'une jeune fille venue au commissariat porter plainte pour un viol subi trois mois plus tôt. Elle tente de décrire les faits à un officier de police dont le désintérêt premier confine très vite à l'insulte. De cette logorrhée stylistiquement étourdissante, les mots les plus essentiels peinent à sortir et quand ils y parviennent, ils ne sont pas entendus. La chape de plomb est toujours aussi lourde voire impossible à soulever, ici comme sous le cerisier, lieu du viol. Le lecteur, fasciné par cette « poésie de la douleur » (qui, sur la longueur, flirte dangereusement avec l'exercice de style), est le témoin impuissant de cette déréliction présentée comme irrémédiable. On s'interroge alors sur le brusque revirement final présageant l'amorce d'une libération pour cette jeune fille.
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