On me demande souvent quelle première différence j'ai senti entre l'île et le continent, et bien, c'est celle-ci: le vent. Sur l'île, on ne s'en rend plus compte, mais il souffle presque tous les jours. Le vent? Non, je devrais plutôt dire les vents, car il y en a plusieurs. Au mois de mars, il y a le grand vent du nord, celui qui dévale des montagnes, «Libecciu» dit-on ici. Faisant avancer avec vitesse les petits nuages blancs très bas dans l'air; et, en rasant le sol, il plie asphodèles, ronces et arbousiers. Les plantes du sol se courbent: il est parfum et lumière pris ensemble. Brusque, il descend les rochers montagneux, emporte les pollens des mimosas, tourbillonne, et par rafales arrive ainsi jusque dans la ville. La dernière colline avant Calvi habite un petit cimetière, entouré de cyprès. Dominant les hauteurs de la ville, il est fait de minuscules tombeaux blancs et surplombe le golfe. Par ces jours de grand vent, on voit ainsi en premier se courber la cime des cyprès en haut de la colline, et on sait qu'il va souffler fort dans toute la ville.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2023 | Vérone éditions | 979-10-284-2801-3 | 48 | Paris | AbeBooks · Momox · |
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