L'histoire de Rome aura vraiment tout fait pour démontrer que le pouvoir est une maladie. Depuis la nuit des temps, les historiens s'efforcent de recouvrir les miasmes politico-religieux d'un vernis social acceptable. Sous leur plume complaisante les schizophrénies sanguinaires deviennent des cocktails mondains, et les pires lâchetés des modèles de bravoure. Mais on a beau s'assoir sur la décence, fabriquer des masques à la chaîne, la vérité, dessous, reste immuable. Ainsi, depuis Jules César et jusqu'à Néron, la saga familiale vautrée sur la tête du monde trouvait la formule exacte du ricanement cynique. Toutefois nous pouvons encore, sans pour autant leur faire de cadeau, rendre aux Césars ce qui leur appartient : ironie, luxure éhontée, humour féroce et sans limite, absence totale de scrupules, et leurs sens inné du grotesque. Voici l'histoire de Rome attaquée par l'argot des banlieues. Une histoire pure et simple, fidèle à son modèle.
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