Rome, dont l'élite cultivée parlait grec, aurait pu n'être qu'un empire hellénique comme celui du macédonien Alexandre, et les lettres latines ne jamais exister. Par la création et la pratique sociale des « lettres latines », Rome s'est démarquée des autres cités antiques en s'identifiant à sa propre langue, indigène, le latin. La République romaine a ainsi édifiée sa culture littéraire – mixte, ajoutant le latin au grec – pour des raisons et en fonction de pratiques politiques (théâtrales, judiciaires, etc.). Cette vision très concrète de l'histoire des lettres latines comme processus, en relation avec l'affirmation progressive d'une identité latine de Rome à partir du IIIe s. av. J.-C., conduit l'auteur à une relecture décapante des principaux textes latins antiques. A l'opposé d'une histoire de la « littérature latine », sous-tendue par la conception romantique de la littérature comme expression spontanée du génie national sous la figure de l'écrivain, l'auteur propose une histoire littéraire de Rome, comme il en existe une histoire militaire ou politique.
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