GUSTAVO, c'est l'histoire d'une maladie mentale. Carlo Bordini y réussit ce tour de force non de dire l'intériorité mais d'être l'intériorité en train de se dire. On circule dans les méandres d'une pensée malade évoluant dans l'espace toujours mouvant où Gustavo, hargneux, déshonnête, menteur et lâche, traîne en le chérissant son "mal chronique", cette semi-asphyxie que provoquent le sentiment d'échec et le déni qui l'accompagne. L'écriture se développe ici en une sorte de spirale propre au ressassement obsessionnel, avec des effets de brisure ou d'inachèvement, des bizarreries lexicales et grammaticales comme autant de symptômes d'une parole qui cherche douloureusement son chemin. La force du style de Bordini (et donc de son traducteur) est de donner les tonalités de l'évidence à ce qui bien sûr n'est rien moins qu'évident.
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