Faut-il aimer ce roman de Giono ou le lire comme un terrible avertissement de ce qui nous attend si, le lisant, nous nous laissons aller à ne trouver en lui qu'une histoire à dormir debout, une sorte de « conte d'hiver » dont le caractère un peu monstrueux n'effacerait pas la dimension essentiellement divertissante? C'est toute la complexité du problème que Giono ne cesse de poser à la critique qu'il s'agit de prendre en compte et dont il faut mesurer l'exacte portée, à la fois poétique et politique, si l'on veut comprendre “Les Âmes fortes”. Telle est l'ambition de cette petite étude, qui constitue un chapitre à la fois indépendant et inséparable de la thèse exposée dans “Jean Giono. Le Non-lieu imaginaire de la guerre” (Eurédit, 2016), où l'on s'efforce de reconnaître l'importance d'un penseur redoutable (sinon redouté) des enjeux de ce qu'on appelle, à juste titre, la postmodernité, à situer entre Stendhal, Péguy, Blanchot et Baudrillard.
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