Il en va des vents comme des couleurs : les nommer précise joliment les choses. Dans ce récit, l'auteur remonte aux premiers temps de son cheminement de peintre-voyageur, lorsqu'à la fin de ses études il entreprit un projet un peu fou : faire un tour de France à pied et dessiner les vents. "J'ai essayé de donner une apparence aux choses invisibles en exagérant presque jusqu'à l'absurde, comme fait l'homme depuis la nuit des temps pour jouer, se rassurer et cohabiter avec la nature. [...]. Ne connaissant pas l'adresse d'Éole et de ses sujets, je me suis dit que le mieux, pour les rencontrer, serait de traîner autour des moulins. Ces édifices d'une autre époque, aussi désuets a priori que la pratique de la marche à pied, m'ont servi de jalons." Voici donc par où le lecteur suivra l'auteur dans le récit d'un périple de six mois. Au fil d'une grande boucle et de la traversée profonde du territoire, Nicolas Jolivot dresse un inventaire subjectif et incomplet des vents de France. "J'ai compris tout de suite que ce serait le plus beau voyage de ma vie parce qu'il fut initiatique. J'en retins que le monde ne m'était pas hostile pour peu que je fasse attention et, surtout, que j'y porte attention." Un bel et réel hommage d'un voyageur à sa marche de jeunesse, légère comme le vent.
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