Un homme se tient face à la mer, à l'extrême fin de l'Europe, en Irlande, comme s'il s'absorbait lentement dans le paysage – ou y cherchait les voies d'une découverte de soi. Et à sa voix répondent d'autres voix, comme en écho, croisées ailleurs, à Bruxelles, à Gand, qu'importe l'endroit. La catastrophe a déjà eu lieu, «comme si quelqu'un brûlait des ordures ce jour-là devant une flamme éternelle depuis longtemps en allée». Et nous comprenons que nous sommes en Bosnie, à Sarajevo, à Mostar, tout autant qu'en exil, errants séparés du monde et de soi, sans retour – à moins que l'exil ne soit pas une parenthèse, mais le seul espace habitable d'une reconstruction… Roman, récit de voyage ? Combinant texte et photographies, brouillant les frontières entre narration fictionnelle, témoignage et «reportage», Dušan Šarotar signe là une œuvre magistrale, envoûtante, qui n'est pas sans rappeler W.G. Sebald.
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