Écrire ou parler de la folie appartient aussi bien à l'historien qu'au médecin, au philosophe, au psychologue, au psychanalyste, au sociologue. Chacun " ne voyant midi qu'à sa porte ". Il y a plusieurs définitions de la folie, et par là plusieurs lectures. Pour façonner l'intrigue principale de leurs oeuvres, certains auteurs francophones déploient la folie comme élément de stratégie littéraire. L'acte d'écriture incube la déraison pour traduire le malaise humain, le texte favorise l'installation de la folie en l'accueillant au travers de ses structures, il assure parfaitement sa libre circulation pour mieux dire un monde voué à l'échec. Ce qui la rend énigmatique, c'est qu'elle affecte l'humanité dans ce qu'elle a de plus spécifique : la capacité de réflexion, la capacité de se situer soi-même, de définir sa propre identité, de se comporter en sujet responsable de ses pensées et de ses actes. Aussi la folie se déclare-t-elle positive et heureuse, donnant raison au grand philosophe Aristote, qui disait : " Il n'y a pas de génie sans un grain de folie ".
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