Lacan est attentif au symptôme du sujet porté par une plainte. Il a vu combien le symptôme peut être le cri de quelqu'un qui espère être entendu ; s'il veut être « guéri », il ne souhaite pas que ce soit au détriment de sa propre singularité. Lacan considère ainsi la guérison comme un bénéfice de surcroît ; il indique une manière de procéder de la psychanalyse en tant que tel. Lacan soutient que l'acte analytique ne peut pas se comprendre en ignorant la problématique chrétienne de la Grâce. Il entend par là le surplus gracieux interdit à quelqu'un de se penser comme l'auteur du bien de l'autre. Paul de Tarse a donné place à ce qui nous advient ; et, surtout, à ce qui nous échappe. Non pas en l'excluant, ou en le niant. Ce qui vient du dehors de soi demeure le sujet de sa propre histoire : c'est le Don d'une Grâce insensée, point un objet en soi. Cet essai espère faire découvrir la richesse insoupçonnée de ce qui insiste, de ce qui ne cesse de venir, de laisser parler une vérité qui cherche à se dire.
Sujets :Christianisme · Grâce (théologie)
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