Depuis 2013, le photographe espagnol Juan Valbuena se rend plusieurs fois par an à Gibraltar. Dalind, adverbe de lieu (en espagnol) qui signifiait « de là-bas », avant de disparaître du dictionnaire, présente, dans un même mouvement, des prises de vue au moyen format, des photographies vernaculaires collectées sur place ainsi que des extraits des journaux tenus par le photographe lors de ses séjours. Ainsi, se donnent à voir, et à lire, à la fois el Campo de Gibraltar, avec son enclave anglaise en territoire espagnol — port ouvert sur la Méditerranée et l'Atlantique, lieu de tous les trafics — et un photographe au travail. Dans l'entrelacement de l'écriture et des images se joue pour Juan Valbuena la tentative de faire un portrait plus complet, ou plus sincère, de ce territoire qui exerce sur lui une telle fascination. Cette approche, double, et à laquelle l'auteur réfléchit dans ses carnets, parvient à saisir l'identité d'un lieu qui ne semble pourtant composé que d'individus singuliers, traversés d'imaginaires aux origines extrêmement divers : vieux marins, tenancière de bar, artiste interlope, prostituées, brocanteur...
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