Les gures mythologiques – autrefois redoutables, désormais asservies par la mélancolie – déambulent dans un monde moderne démystié, où les mots ont été renégociés. Le Minotaure, maudit, prisonnier d'un faux langage que matérialise son labyrinthe, cherche une issue. Il chante, invoque les choses et, d'une èvre adamique, baptisant ce qui l'entoure, nit par se baptiser lui-même et retrouver son nom, Astérion. Ulysse, pour apaiser la fureur de Poséidon, doit reprendre son odyssée et marcher, une rame sur l'épaule, longtemps, très loin, jusqu'à croiser un homme qui, ne connaissant pas la mer, n'aura jamais vu de rame. Du dédale de la langue, il s'agit de s'extirper. Deux textes comme des temples qui chantent leur ruine et caressent la couture entre le tragique grec et le romantisme chrétien. Une psalmodie embaumante qui se fait joie devant l'existence, sa souffrance, et colère devant ceux qui en vident le sens, en saccagent la beauté.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2024 | Fata Morgana | 978-2-37792-170-6 | 99 | [Saint-Clément-de-Rivière] | AbeBooks · Momox |
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