Enfant, j'évitais déjà les contes de fée. À six ans je décrétais que leurs personnages ne m'intéressaient pas. Ni les princes, ni les princesses. Ce n'était pas la vérité. Les contes de fée me faisaient peur. Je décelais, entre les lignes, deux archétypes qui me terrorisaient. J'entrevoyais la posture qu'on attendait de moi et la tragédie inhérente aux sociétés binaires. Je ne savais pas encore que j'avais le droit de me jouer des images et de la langue, des récits et de la grammaire. Que les contes m'appartenaient à moi autant qu'aux autres Les contes de fée me font toujours peur. Venez. Dans le bois. Dans les contes de Mélie Boltz Nasr, les princesses ne sont ni blondes, pâles et passives, ni prêtes-à-se-sacrifier. Elles ont appris à courir, elles ne s'intéressent guère aux princes, et quand l'amour triomphe ce n'est pas là où on l'attend.
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