L'une de nous est de trop dans ce corps, se dit la narratrice de Chronique bidon, la première nouvelle de cet ouvrage, en s'apercevant dans la glace à l'occasion d'un passage d'aspirateur. Et le moins qu'on puisse dire est que l'usurpatrice (car c'est l'autre, bien entendu, l'étrangère) encombre ! Il faudra pourtant s'y faire, ça ne va pas s'arranger, glisse, perfide, le reflet. Ce bidon, ce sac de larmes, ce pare-chocs moelleux sur lequel tout rebondit, il va falloir l'ajouter à l'image de la jeune fille plutôt maigre et osseuse qui occupe toujours l'étage au-dessus, la tête. Après tout, un gros bide, c'est pratique pour y poser son bouquin. Dans la deuxième nouvelle, Se casser la margoulette, c'est l'inverse. Cette fois, c'est la jeune fille qui tente un retour en force mais le résultat, la chute de l'histoire en atteste, n'est guère plus enviable. Avec le sourire et un sens de l'autodérision qui fait mouche, Christiane Rolland Hasler met le doigt où ça fait mal. Et pas qu'aux femmes.
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