Dernier tome (pour l'instant ?) de cette très belle réussite qui nous raconte l'enfance et la genèse d'un des méchants les plus emblématiques et iconiques de la bande dessinée belge, à savoir M. Choc, l'homme immortel au heaume symbolique, l'ennemi récurrent de Tif et Tondu. Maltaite rend ici hommage à l'univers animé autrefois par son père, Will, mais l'on trouve aussi d'évidents échos de sa grande série 421. Les policiers Allumette et Fixchussett témoignent en guest star que Choc ne fut pas une créature de papier mais un vrai gangster. Ce troisième tome s'ouvre sur sa mort et son enterrement, comme le premier s'ouvrait sur son pèlerinage sur la tombe de son enfance. La séquence d'introduction « décalque » Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, avec le même jeu de dupes, d'illusions et de miroirs. Comme aux plus belles heures, c'est lors de sa (fausse) mort que Choc est le plus vivant et fascinant : le lecteur, complice, assiste au tour de cet illusionniste. Les auteurs ont brillamment réussi la transformation d'un classique enfantin en un hard-boiled noir et amer, le dessin classique de Maltaite faisant lien entre ces deux mondes. D'une illusion ils font un nouveau Fantômas, d'une légende ils incarnent le mythe. À compléter par un chapitre publié dans Spirou, qui a bizarrement refusé de prépublier l'album.
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