Alors qu'un homme s'apprête à partir en voyage, son épouse lui tire une balle entre les deux yeux. Un geste sec et efficace, effectué avec une simplicité déconcertante. La femme enfile alors son imperméable et sort marcher dans la ville. Turin la grise dont les avenues muettes, humides et hivernales pèsent sur les épaules comme la confusion et le chagrin. Cette déambulation est bien sûr propice à l'introspection. L'épouse se souvient : la rencontre, l'attente et l'incertitude, puis la vie à deux jusqu'à cette matinée fatale. Une histoire banale dans laquelle chacun s'engouffre sans trop bien savoir pourquoi. Ginzburg parle de l'éducation des filles dans les années 50, de leur ignorance subie et de leur imagination trop fertile qui fait hésiter entre la crédulité et la bêtise. Ici la jeune fille devenue femme, usée par ce mariage sans amour, par la tristesse et par la désillusion, trouve le salut dans cet acte dramatique et fatal.
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