histoires de Diyarbakir
Écrits entre 2015 et 2016 et publiés pour la plupart dans le journal Birgün, ces textes sont tout autant une série d'instantanés d'une époque charnière – la fin du processus de paix et le début de l'une des pires périodes de répression dans les régions kurdes, préfigurant l'escalade autoritariste de 2016 – qu'un ensemble de courts essais accompagnant l'œuvre de fiction de Murat Özyasar. De «Vivre à Diyarbakir» (initialement publié dans Le Monde en octobre 2016) à «Meryem Ana», tous dressent un portrait de cette capitale symbolique du Kurdistan qui puise à la fois dans l'histoire culturelle, la sociologie, la politique et la linguistique. Ils apportent de précieuses clés à qui veut mieux saisir l'univers des nouvelles ou ce qui fait la particularité de la langue littéraire d'Özyasar. Parfois héroïne malmenée de l'histoire républicaine, parfois décor de scènes contemporaines dramatiques mais sous-tendues par l'humour teinté de deuil dont le lecteur de Rire noir est familier, Diyarbakir nous apparaît sous de multiples visages, proche mais insaisissable, meurtrie mais incroyablement vivante. Les dessins sobres et justes de Selçuk Demirel (habitué des collaborations littéraires puisqu'il a illustré des auteurs comme Orhan Pamuk ou John Berger) apportent autant de contrepoints poétiques à l'univers de cet auteur désormais incontournable du paysage littéraire de la Turquie contemporaine. Table des matières : «Vivre à Diyarbakir», «Une magnifique impossibilité», «L'âge de certains mots», «Ténèbres», «Les mains se reconnaissent», «Sommeil de neige», «Témoins, martyres et autres mots», «Stations partiellement nuageuses : la gare de Diyarbakir», «Meryem Ana».
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