Au XIXe siècle, un important élan d'évangélisation a marqué le début de la christianisation du Congo. Le chant liturgique de cette Église missionnaire, fait de chant grégorien en latin et de cantiques traduits dans les langues locales, s'est peu à peu rapproché des formes musicales traditionnelles d'Afrique Centrale. Quand, comment et pourquoi a-t-on voulu «africaniser» le chant liturgique? On invoque habituellement toutes sortes de raisons historiques pour l'expliquer, toutes valables, mais l'ethnomusicologie ouvre également une piste très intéressante. En Afrique Centrale, la musique est intimement liée au rite coutumier: elle est un fait social, communautaire, et cela se voit à même les structures d'organisation rythmique et vocale. Le chant des missionnaires européens n'était tout simplement pas compatible avec l'idée congolaise du religieux. Ce livre montre comment ont évolué les mentalités et pratiques liturgiques dans le bassin du Congo, au cours d'un siècle particulièrement mouvementé de son histoire. Il offre un bel exemple de dialogue et d'intrication progressive de deux traditions musicales. En outre, à l'heure où le centre de l'Église catholique se déplace vers le Sud, la question de l'inculturation apparaît comme le vrai défi du XXIe siècle.
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