Dans Dais d'hommage, titre de ce recueil de brèves proses, il me plaît d'entendre (de comprendre) : qui « dédommage », surtout à notre époque encline à tous les dommages – y compris ceux que les cyniques nomment « collatéraux ». En quoi consiste un tel hommage… intello ? À me montrer admiratif (entraînant quelques lecteurs dans ce sillage, j'espère) de tous les artistes, femmes et hommes de toutes époques et de divers lieux, pourvu qu'ils nous donnent l'exemple d'une unité de cœur et d'esprit entre leur vie (concrète) et leur œuvre (abstraite). Il me faut bien avouer que cette corrélation entre abstrait (artistique) et réalité (concrète) est une interrogation bien plus qu'une affirmation. Et, quant au goût pour cette sorte de questionnement, il me fut transmis, très tôt, par mon ami Soupault, qui a lui-même passé sa vie d'écrivain et de poète à rendre « hommage »… tout en s'interrogeant. Ce mot, d'ailleurs peu heureux, semble exclure toute femme. Aussi, à l'occasion d'un article pour une revue, dans lequel j'esquissais un portrait d'Albertine Sarrazin, le néologisme femmage me vint quasi naturellement. J'ai retrouvé ce mot, depuis, ici et là. Preuve que nos « créations » nous échappent, le plus souvent ; ou, comme l'affirmait Jean L'Anselme, autre ami cher, que nous ne pouvons pas nous prétendre créateurs premiers (comme on le dit des arts) de quoi que ce soit !
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