L'analyse économique, politique et sociale du militarisme dans la société (Armée) ouvre aussi bien sur des réflexions relatives à la politique interne d'un pays (Bonapartisme), que sur les guerres dont rendent compte Marx et Engels dans leurs écrits journalistiques (Guerre). Objet transversal de ces trois entrées, la Nation, baignée d'un halo romantique, est une représentation idéologique centrale de l'affirmation de la classe bourgeoise, et un carcan pour l'autonomie du prolétariat révolutionnaire. Par la bouche de ses idéologues ivres de rêves messianiques, la Révolution française a transformé la Nation en porteur légitime exclusif du pouvoir d'État, proclamant la souveraineté du peuple et du droit des peuples à l'auto-détermination. Aspiration à l'émancipation et volonté de domination se sont alors mêlées pour donner naissance à des concepts lourdement chargés d'affectivité : « nationalisme », « nationalité » et « nationaliste ». Le 19e siècle voit l'avènement, dans la violence, de l'État souverain comme prototype de la fusion entre la société civile et le pouvoir politique, celui-ci s'investissant autoritairement garant du destin de la Nation, ce que résume l'aphorisme du poète autrichien Franz Grillparzer : « De la Nation, à travers la nationalité, à la bestialité ».
Sujets :Critique et interprétation · Guerre · Marxisme · Nation
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