« Il ne faut pas avoir peur de l'archaïsme », lançait Karl Marx en 1881. Cette peur revient pourtant aujourd'hui comme un leitmotiv. Ressuscitée dans le discours dominant pour disqualifier les résistances aux réformes néolibérales (« Il faut être modernes… »), elle est aussi provoquée, confusément, par la réaffirmation croissante des identités collectives de type identitaire ou religieux. Sous l'allure du retour à un passé révolu, l'histoire se hérisse de formes de réaction et de restauration parfaitement contemporaines. Cela étant, les archaïsmes peuvent aussi couver des potentialités émancipatrices. Quand ils se détachent de la croyance en la supériorité du capitalisme et de la certitude qu'il est le terme d'un progrès, quand ils résistent à l'ordonnancement de la pensée révoltée en pensée dirigeante, les soulèvements populaires découvrent dans l'archaïsme des possibles non advenus et des ressources subjectives antagonistes. Au fil des huit épisodes qui en constituent l'histoire, cet ouvrage invite à suivre les figures révoltées de l'archaïsme, celles qui l'arrachent à la réaction et le gagnent à la cause de l'émancipation : durant la séquence de la transition vers le capitalisme tout d'abord, à travers les divisions de la politique subjective marxiste ensuite, dans les problématisations contemporaines des luttes minoritaires et des mouvements nationalitaires enfin.
Sujets :Conservatisme · Philosophie · Révoltes · Émancipation
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